samedi 27 janvier 2007

Les aventures de Dictyostelium discoideum.



Iop !

Aujourd'hui je mets en ligne un extrait d'un mémoire que j'ai du faire l'année passée. Le sujet est "Les aventures de Dictyostelium discoideum, l'amibe qui fleurit".

Une amibe est un organisme unicellulaire hétérotrophe. Elle se nourrit en phagocytant des petites particules (invagination de nutriment par la membrane plasmique). J'mettrais des images après. Le morceau choisi est particulier, faut pas s'arrêter au titre même si à sa lecture t'as envie de partir en courant, les bras au ciel en hurlant "haaaaaaaaaaa !". Je t'explique :
J'avais un nombre de page imposé et la veille au soir de la date limite pour rendre le dossier, il m'en manquait encore quatre pour bien faire. A ce moment, je lisais "Contes du jardin" d'Andersen (la petit sirène est de lui) et j'avais déjà en tête de faire une boutade aux profs qui m'avaient imposé un sujet si merdique et au titre si "original". Mon tuteur n'avait même pas pris la peine de répondre à mes messages, j'ai décidé de faire ce que je voulais. J'ai donc roulé quelques cigarettes magiques, sorti un coca light et je me suis mis au boulot.
C'est venu rapidement et facilement et le résultat est là :



Les aventures de

Dictyostelium discoideum,

l’amibe qui fleurit.


Il était une fois, au fin fond d’une forêt de feuillus, bien à l’abri sous l’humidité de l’humus, Dictyostelium discoideum, l’amibe. Sa vie se résumait à chasser les micro-organismes dont elle raffolait et à se reproduire aussi souvent que possible. Elle aimait sa vie solitaire et ne cherchait pas le contact de ses semblables, bien qu’il lui fût impossible de les ignorer tellement leur nombre grandissait à chaque moment. Et ce, à tel point que notre héroïne se demandait parfois comment la forêt pourrait continuer à nourrir tout ce petit monde.

Arriva un jour ce qui était redouté, les micro-organismes devinrent plus rares jusqu’à disparaître totalement. Dictyostelium discoideum, n’ayant jamais connu ni la privation ni la faim, pris peur et commença à paniquer. Elle se souvint alors d’une légende que lui avait raconté sa mère qui la tenait de sa propre mère depuis des générations : « Ma petite, souvient toi toujours qu’en des temps immémoriaux, notre peuple a dû quitter la vie solitaire qu’il affecte tant et a dû se souder afin de survivre. La légende dit que le Grand Cycle devrait se reproduire dans peu de temps, si un jour tu devais souffrir de la faim, écoute ce que te dit ton corps et tu sauras quoi faire. Il faudra que tu sois forte et que tu partes à la recherche de la Nouvelle Contrée. Alors seulement le Beau Champignon pourra refleurir. »

Dictyostelium discoideum écouta donc très fort au fond de son être. Au début le silence se fit et rien ne se passa. Loin de se décourager, l’amibe se concentra encore plus fort et au bout de quelques temps une petite vibration à peine perceptible se fit entendre. Encouragée, notre héroïne redoubla d’effort. C’est alors que la vibration grossit pour devenir un vrombissement, puis un véritable flot se déversa hors d’elle. Elle se mit à chanter dans un langage connu uniquement de son espèce, un appel à la solidarité et à l’entraide : ce chant elle le reconnut et le nomma AMPc, sans savoir vraiment pourquoi. Les autres amibes en proie à la même panique de se trouver

priver de nourriture se rassemblèrent autour d’elle et entonnèrent ce même chant qui faisait ressurgir en elles un passé longtemps oublié.

Par vagues entières les amibes de toute la forêt se rassemblèrent autour de Dictyostelium discoideum. Des milliers arrivaient à tout instant, submerger par le nombre, elles se montaient les unes sur les autres formant un petit tertre d’amibes chantant l’AMPc. Quand toutes furent là, Dictyostelium discoideum prit la parole : « Mes sœurs, nous voici arrivé à un tournant de notre vie. Aujourd’hui la chasse aux micro-organismes n’a donné aucun résultat. Si nous n’agissons pas très vite, nous périrons toutes de la famine. Souvenez-vous de ce que nous contaient les anciennes. Prenons la route vers la Nouvelle Contrée où les ressources ne manqueront pas. Bien sûr, certaines d’entre nous n’y surviveront pas, mais si une seule y parvient, alors leur sacrifice ne sera pas vain et notre espèce sera sauve.»

A ces mots la colonie des amibes s’étira pour prendre la forme d’un long serpentin. La procession avançait doucement mais le moral était bon. A la tête du cortège, Dictyostelium discoideum guettait la moindre trace de la Nouvelle Contrée. A l’arrière, on poussait en se laissant guider. Longtemps on les vit errer à travers la forêt, elles croisèrent bien des milieux qui auraient pu être hospitalier, mais rien de suffisamment concret pour leur permettre de retrouver la sérénité des jours d’antan.

Un peu dépitées, certaines se rebellèrent et voulurent prendre la place de Dictyostelium discoideum à la tête du cortège parce qu’elles n’avaient plus foi en elle et pensaient qu’elle les conduisait à une mort lente et douloureuse. Elles prirent donc les devants sous le nom de prestalk. Les autres furent nommés les prespore. Les prestalk avançaient plus vite sans prendre soin de celles qui les suivaient et en se nourrissant des quelques micro-organismes qu’elles rencontraient, sans les partager avec leurs sœurs plus lentes. Le serpentin s’allongeait de plus en plus mais Dictyostelium discoideum veillait à ce qu’il ne se sépare pas en exhortant les moins rapides à presser le pas.

La traversée fut longue encore et beaucoup périrent, mais un beau jour, une prestalk sentit que quelque chose était différent. Dictyostelium discoideum affaiblit, comme toutes les prespore par le manque de micro-organisme accéléra sa marche pour voir de quoi il s’agissait. La colonie avait fini sa quête, elle était aux portes de la Nouvelle Contrée. Quand elle annonça à voix haute la bonne nouvelle à ses autres sœurs, les prestalk gonflées d’orgueil d’avoir trouvé cette terre promise, ordonnèrent aux prespore de les porter en triomphe. Elles ne se firent pas prier et de serpentin, la colonie passa par la forme d’un petit chapeau mexicain au sommet duquel se trouvait les prestalk. Malheureusement, les pauvres prespore affaiblies par la famine et d’avoir poussé la colonie ne purent soutenir longtemps le poids de leurs sœurs, qui n’avaient pas cessé de se nourrir les premières tout au long du trajet.

C’est ainsi que les prestalk chutèrent et en touchant le sol, se vidèrent de leur eau et se durcirent. Les prespore affolées se soudèrent entre elles et commencèrent à être surélevées par les cadavres des prestalk. Une tige compacte se forma avec en son point le plus haut, les prespore. Dictyostelium discoideum prit conscience que le « Beau Champignon » était sur le point de refleurir, mais elle était prise en tenaille par ses sœurs. Ne parvenant pas à se dégager, elle eut l’idée de se gonfler.

La pression ainsi créer provoqua une fissure dans la « fleur » qui éclata. Les milliers de prespore ainsi furent précipitées par l’explosion se dispersèrent. Heureusement leur maigre poids leur permit de flotter doucement en l’air avant d’atteindre le sol. Et, une fois en bas, elles se rendirent compte que leurs jours n’étaient plus en danger, elles avaient enfin trouvé la Nouvelle Contrée. Elles allaient pouvoir reprendre leur paisible vie à chasser le micro-organisme, très abondant par ici, et retrouver leurs habitudes de solitaire.

L’histoire nous dit que Dictyostelium discoideum ne se maria pas mais eu beaucoup d’enfants.

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Voilà, j'espère que ça t'as plu !

Maintenant je te présente Dd à différents stades :














Et voici ses photos de mode :

4 commentaires:

Kmille a dit…

et la note? ;)

sciron a dit…

Y avait tout de meme une grosse partie recherche et théorie en plus.
J'ai eu 15/20 pour mon dossier.

En revanche, à l'oral, j'ai lu mon p'tit conte (alors que d'autres avaient des présentations power point sur des sujets scientifiques "sérieux") et j'ai eu 13, les profs ont bien aimé mon culot ! :p

Kmille a dit…

ah ça l'oral, quand on tente ce genre d'initiative, c'est quitte ou double! félicitations! :D

Kris a dit…

Well written article.